Sur le Thème du "Jardin" Un dessin avec des contraintes

(actualisé le ) par Joël Auxenfans

Pour commencer l’année, alors que, pour des raisons liées au règles sanitaires, le cours d’arts plastiques ne peut cette rentrée s’effectuer, nous espérons temporairement, en salle d’arts plastiques, il faut donc travailler avec des moyens très simples, qui permettent de produire un travail dans ces conditions peu confortables.

L’idée première est de travailler en dessin, sur le thème du "jardin".

A) En dessin parce que c’est ce qu’il y a de plus léger comme mise en oeuvre.

B) Sur le thème du "Jardin" parce que cette année, le collège bénéficie de la plantation des 68 arbres et arbustes fruitiers plantés avec la participation de la Classe de SEGPA horticulture du collège Romain Rolland de Bagneux.

Ses espaces extérieurs vont désormais être pris en charge dans une démarche durable, où culture et agriculture bio en circuit court montreront un autre modèle de production et de consommation, un autre projet de vie qui rende la vie sur terre des société humaines soutenable et plus agréable, pour peu que les citoyens soient éduqués sur ces questions urgentes dès l’enfance...
Ce projet "Notre Jardin", soutenu par AgroParisTech, Cittadellarte-Fondazione Pistoletto, le CD92, la Caisse des écoles, le lycée du bois et de l’écoconstruction de Rouen, a commencé à prendre racine. Il va polliniser les pratiques et la vie du collège, à commencer par la création d’un club jardin, lorsque les conditions s’y prêteront un peu mieux...

Ce 1er sujet comporte tout de même des guillemets au mot "Jardin", car il ne sera pas spécialement demandé aux élèves d’imiter ou de reproduire par le dessin une quelconque "illustration" de jardin avec ses arbres, ses fleurs et ses animaux dans une représentation anecdotique.
Il est demandé aux élèves de produire un espace, une organisation de celui-ci, comme peut l’être en effet un "jardin", en tant qu’il comporte ses lignes, ses profondeurs, ses contrastes, ses textures, ses perspectives, ses ombres et ses lumières, ses écrans, opacités, transparences, ...

et ceci en respectant plusieurs contraintes :

1. le dessin devra être réalisé entièrement et uniquement en traçant des traits à la règle.
2. le dessin sera réalisé exclusivement au crayon, à la gomme et donc aussi avec l’emploi d’un taille-crayon.
3. on ne jouera donc que sur des valeurs de noirs, blancs, gris de toutes sortes (il en existe une infinité).
4. les traits à la règle pourront être dans toutes les directions que l’élève voudra.
5. Ils pourront être de toutes les longueurs, de toutes les épaisseurs que les élèves voudront.

Il s’ensuit de ces contraintes que les dessins seront évalués selon deux principaux critères : la capacité à explorer et à expérimenter des solutions graphiques, spatiales, organisationnelles, de lumières, etc...

Bien sûr, lorsque cela a été possible, on a montré aux élèves des exemples allant de Kandinsky à Veira Da Silva ou plus tard François Morellet ou Sol Lewitt. Mais dans toutes les classes, on voit que les élèves ont pris appui sur ces contraintes pour découvrir des espaces de liberté. En fait, ce sont ces règles mêmes qui ont été des outils de liberté.

On voit premièrement combien, à format égal, à techniques et contraintes égales, les différenciations de structures mentales et des sensibilités des élèves s’affirment. L’extrême diversité des esprits des élèves entre eux apparaît.

L’autre aspect se découvrira au moment du deuxième travail demandé : il a été appris aux élèves de savoir couper une feuille de papier dessin en deux parties égales sans l’aide de leurs ciseaux ou d’une règle, juste en pliant plusieurs fois la feuille pour fragiliser la ligne de coupe, puis en effectuant l’acte de déchirer avec précision à deux mains, rendant l’opération infaillible et utile pour le restant de la vie.

Mais l’apprentissage de cette technique élémentaire permettait surtout d’obtenir deux feuilles format A5. Et donc de produire un deuxième travail obéissant aux mêmes contraintes, à la suite du premier.

Et là on va voir normalement apparaître (on le saura dans plusieurs semaines) trois tendances possibles, qui peuvent d’ailleurs se mélanger :

1. Il y a les élèves qui auront découvert, au premier travail, une piste qu’il souhaiteront prolonger et approfondir au deuxième travail.
2. Il y a ceux qui souhaiteront au contraire faire quelque choses de tout différent de leur premier travail.
3. Il y aura des élèves qui mélangeront continuation du premier travail et exploration de nouvelles pistes...

Dans tous les cas, on est dans la création et la découverte des possibilités qu’offre le travail de la sensibilité. On expérimente et on se sensibilise à de nouvelles exigences graphiques et plasticiennes. Bref, l’année est commencée.